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Objet : Menaces explicites sur les territoires de la CCPSL et au delà.
Dans le cadre de la concertation mise en oeuvre par le Syndicat mixte du "SCOT Pic Saint Loup - Haute vallée de l'Hérault", nous avons récemment débattu au siège de notre Communauté sur le premier volet du SCOT consacré à l' "Etat initial de l'Environnement", ce qui a permis aux communes de donner un avis.
Ce faisant, chacun a pu découvrir le document de base rédigé par une "Association des Services de l'Etat - DDE 34 - SAT Est", non signé et intitulé :
Eléments de réflexions sur les enjeux du territoire du SCOT Pic Saint Loup - Haute vallée de l'Hérault
Une étude attentive a permis d'observer : 1) Que ce document préconisait "de prendre des initiatives visant à organiser le développement de l'aire urbaine de Montpellier sans même attendre que les démarches d'élaboration du SCOT soient finalisées et les documents opposables" (sic) !
2) Que ce document reflétait et traduisait une volonté de prédation d'espace nettement marquée en direction d'un certain nombre de Communes du Pic Saint Loup, et notamment au sud.
C'est assez dire le peu de cas que les auteurs de ce texte font de notre Syndicat Mixte et des Elus responsables qui l'animent avec beaucoup de passion, de compétence et de dévouement afin d'optimiser la protection et l'aménagement harmonieux de leurs territoires (dont dépend essentiellement le cadre de vie des hommes et des femmes qui ont chosi d'y habiter).
Compte tenu des enjeux sous-jacents, décisifs pour l'attractivité touristique et paysagère du Canton des Matelles et de ceux situés plus au nord de notre territoire, je considère que nous avons aujourd'hui le devoir de dire à nos administrés toute la vérité sur le danger qui les menace à court terme. Ne serait-ce que par respect.
Concernant le point 1) ci-dessus : La preuve directe de la menace est constituée par la page 6/31 du dossier : elle présente en effet un schéma démontrant une volonté d'urbanisation densifiée s'étendant dans un premier temps jusqu'au LIEN (Voir annexe I ci-jointe, sur laquelle ont été précisés les noms des villages du Pic concernés en priorité). Cette volonté se situe dans la "logique" de l'Agglomération de Montpellier, dont quelques initiés voudraient faire passer l'autoroute A-9 sur l'assise du Lien, créant du même coup un deuxième couloir de nuissances, alors qu'il est certainement moins coûteux et plus rationnel de procéder à son amélioration sur l'emplacement actuel au sud de Montpeller.
Quoiqu'il en soit, ce schéma et le laïus qui l'accompagne confirme la nouvelle option de l'Agglomération de Montpellier, dont la politique d'occupation de l'espace était jusqu'ici logiquement tournée en direction du sud, vers la mer.
Rappelons que des milliers d'hectares ont été urbanisés au Sud (Antigone ; Port-Marianne ; Millénaire ; Odysseum I et II ; Zénith... sans compter le domaine de Grammont, et depuis peu le "continuum urbain" vers Castelnau, Le Crès ... etc.).
Concernant le point 2) : La page 7/31 du document cité en référence, à la rubrique : "Articulation avec les démarches de panification des SCOT voisins et notamment celui de l'Agglomération de Montpellier" est suffisamment édifiante... (Voir annexe II ci-jointe).
Remarques :
- Cette nouvelle option d'extension de l'Agglo" vers le Nord correspond à un renversement de 180° en matière de politique d'aménagement.
- Le document de Deuxième volet du SCOT relatif à l'Aménagement du territoire (dont nous avons débattu en commission ad hoc le 27 janvier dernier) confirme nettement cette tendance, observée par les membres de la Commission animée par Madame la Présidente Véronique Tempier.
- Dans le contexte de cette volte-face, que deviennent les incantations des Assises de l'Environnement ? Que deviennent les directives nationales et internationales relatives aux "Lois Paysages", "Cartes antibruit", "Programme Natura 2000" ?
- Que signifient ces bruits persistants qui avancent que l'Autoroute A-9 pourrait s'installer sur le Lien ? ...
Conclusion :
Il ne faudrait pas que cette pression lancinante sur les élus et les citoyens vivant au nord de l'Agglomération de Montpellier fasse admettre par des esprits innocents ou non avertis l'idée que l'expansion de l'Agglomération vers le Pic Saint Loup est inévitable ! Nous connaissons en effet les uns et les autres cette fausse loi inhérente à l'Histoire : "ce qui est arrivé semble, après-coup, avoir été la seule issue possible !".
Or, en ce début 2009, rien n'est encore joué !
Nous pouvons toujours assurer le développement de nos territoires comme le souhaitent massivement les Electrices et les Electeurs de la Communauté du Pic Saint Loup, qui ont été associés à l'élaboration des P.O.S. et des P.L.U. et il en est de même pour toutes les intecommunalités situées au nord de la capitale du Languedoc. Compte-tenu de la gravité de la situation à laquelle nous sommes confrontés, je souhaite que nous puissions rédiger ensemble, lors d'une prochaine séance publique de la CCPSL, une motion permettant de sauvegarder la liberté d'aménager nos territoires, dans le cadre des garanties constitutionnelles de la République et de la Décentralisation (lois Deferre). C'est notre devoir et notre dignité : nos concitoyens n'accepteront pas un dépeçage programmé de leurs villages par les fanatiques du développement durable du béton.
Je vous prie de ne pas douter, Chers Collègues, de mes meilleurs et dévoués sentiments
Alphonse Cacciaguerra, maire |